PARA DOMUS Logement collectif, commerces et tertiaire, Paris

1/7

Croisement de la rue Tolbiac et de la rue du Chevaleret. « Un sale quartier, un foutu coin. […] Ca pue trop la misère, la merde et le malheur... », laissait dire Léo Malet à Nestor Burma à propos de ce quartier dans les années 1950. Tout a bien changé depuis l’avènement de la nouvelle bibliothèque nationale, de la sortie de terre de l’avenue de France et des nouveaux quartiers d’affaires, universitaire, de Massena. Toutefois, cette intersection souligne différentes ruptures. Rupture du tissu urbain, changement d’échelle, de densité et de facture des édifices. Rupture physique puisque le quartier Tolbiac s’inscrit sur deux niveaux de référence distincts, séparés d’environ 8 à 10 m (implantation partielle au-dessus d’emprises ferroviaires). Jusqu'à une rupture sociale, le Sud-Ouest étant plus populaire.

 

La contrainte de l’exercice était d’implanter un programme mixte (logements sociaux t1, t2, t3, t4 ; tertiaire et commerces) à la manière d’une rotule mettant en contact les différentes fractures. Pour ce faire, la para domus, la maison à côté, présente plusieurs monolithes épannelés à partir d’un seul bloc par les différentes circulations. Ce sont elles qui dirigent cet endroit, tandis que les volumes de tailles et de hauteurs différents préfèrent contredire l’effet de densification du quartier. Si nécessaire, ils se surélèvent pour laisser passer les badauds ou les pressés. L'expression monolithique est renforcée par l’adjonction d’une peau en polycarbonate car il était nécessaire de ne pas occulter les nuisances émises par le flux des passants mais aussi par les rues, ses véhicules. Cette peau, poreuse si on le souhaite, filtre les bruits, accueille la lumière et intériorise les habitations.